Vais je mourir ?
Je ne sais pas. Peut être. Avant vingt sept ans ? Après aussi. L’avantage c’est que je vivrais assez bien, puisque je suis français, et les français n’ont que des problèmes de riches: solitude, dépression.
Le truc, c’est qu’on nait trop tard, et on meurt trop tot.
Las. On oublie trop ces trois lettres qui caractérisent un état d’esprit déconcertant Au delà des demandes classiques de l’entourage “si ça ne va pas, tu peux m’en parler” ou encore “tu es sur que ça va ?”, la lassitude est un mélange de fatigue, de ras-le-bol silencieux, de sur-ménage, de médisance et d’hypocrisie. Lassé, c’est être bien après de l’état de colère, d’inquiétude, de stress; c’est l’indifférence, l’égarement total et volontaire, la fin de l’écoeurement sans reprendre le goût, la sensation. La douleur ne compte pas, et les sourires des autres ont l’air vain.
Non, ce sont les miens qui sont vains.
Je passe une transition basse. C’est comme une fréquence, sous forme de transition. Il y a un état avant, pendant, et après. Je suis dedans, bizarrement après déjà. Phase et aphasie, phasé et déphasé. Vaseux, surtout.
Esthète turbulent disait Vaillard à propos de Blanche sous l’ordre d’Audiard. Je pense aussi. Comment font les singes en hiver ?